Livre Bleu ONU : Les titres diplomatiques en français seront féminisés

Communiqué de presse de la Mission Permanente de la Suisse aurpès de l'Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève, 12 juin 2019



L’initiative, lancée par la Suisse et réalisée grâce à l’engagement de l’Organisation internationale de la Francophonie, a été acceptée avec enthousiasme par le Directeur Général de l’ONU à Genève en tant que contribution à la mise en œuvre de l’objectif n°5 des ODD, les Objectifs de Développement Durable.



Selon la vielle tradition diplomatique, l’Ambassadeur était celui qui représente son Pays, l’Ambassadrice son épouse. Les femmes qui de plus en plus assument ce rôle devaient se faire appeler Madame l’Ambassadeur. Même coutume pour les autres fonctions diplomatiques : les conseillères et secrétaires d’ambassade étaient Madame le Conseiller et Madame le premier, deuxième ou troisième Secrétaire.



Désormais, à l’ONU Genève, tout cela appartient au passé. Dès la prochaine édition du Livre bleu, l’annuaire qui recense tout le personnel des représentations diplomatiques, les femmes verront leurs titres féminisés. 



Pour l’initiatrice du projet, Garance Stettler, Première Secrétaire à la Mission permanente de la Suisse auprès de l’ONU, la thématique du langage inclusif peut parfois sembler anecdotique, si on ne tient pas compte du fait que la langue influence la pensée et l’utilisation du masculin par défaut n’est pas neutre. « Sans mot pour désigner une Ambassadrice ou Ambassadeure, on aura toujours tendance à penser que l’Ambassadeur est un homme. » souligne-t-elle, en ajoutant que « féminiser les titres dans le Livre bleu permettra de représenter plus fidèlement la place des femmes en diplomatie ». 



Pour le Directeur général de l’ONU Genève, Michael Møller, cette action permettra d’envoyer un message fort :




Les métiers de la diplomatie ne sont pas réservés aux hommes, mais bien ouverts à toutes et tous. Comment voulez-vous qu’une femme se sente légitime dans un monde où elle est non seulement sous-représentée, mais où elle doit aussi endosser une dénomination masculine ? 




« Nous savons que les mécanismes de la discrimination sont multiples et passent aussi par la langue », souligne Henri Monceau, co-auteur de cette initiative et Représentant permanent de l’Organisation internationale de la Francophonie à Genève. L’OIF est par nature très sensible aux enjeux linguistiques et par conviction très attachée à l’égalité de genre.




Il était symboliquement important d’établir cette égalité dans les appellations et nous nous réjouissons d’avoir pu collaborer avec différentes missions permanentes francophones pour pousser ce projet. 




L’égalité entre les femmes et les hommes, le respect des droits des femmes et des filles et l’interdiction de toutes les formes de discrimination fondées sur le sexe font partie des valeurs fondamentales des Nations Unies. Genève est en première ligne dans ce combat ; des rives du Léman vient par exemple le système des International Gender Champions, qui a été adopté par différents sièges onusiens dans le monde. 



La Suisse promeut activement l’engagement des Nations Unies pour l’égalité.  Elle appuie notamment ONU Femmes dans son travail d’influence sur les processus de décision intergouvernementaux. ONU Femmes, qui a ouvert en 2016 un bureau à Genève avec le soutien helvétique, se bat pour que l’approche basée sur le genre soit présente dans tous les secteurs d’activité de la Genève internationale, tels que l’aide humanitaire, les négociations de paix, la santé, la migration, le travail. 



La Suisse ne se limitera d’ailleurs pas aux titres diplomatiques dans le Livre bleu, mais elle étendra la pratique de la féminisation aux cartes de légitimation qu’elle délivre comme titre de séjour aux 43'000 personnes faisant partie du personnel des missions diplomatiques et des organisations internationales basées dans le pays.



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Photo : Garance Stettler, Première secrétaire de la Mission Suisse auprès de l’ONU à Genève, entourée par les International Gender Champions Michael Møller, Directeur général de l’ONU Genève, Henri Monceau, Représentant permanent de l’OIF et Valentin Zellweger, Ambassadeur suisse auprès de l’ONUG ainsi que par Corinne Momal-Vanian, une des initiatrices de l’International Gender Champions et Alessandra Vellucci, directrice de l’information de l’ONU Genève. © UN Photo/ Jean Marc Ferré UN Photo/ Jean Marc Ferré.